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Humeurs

Heurts, Humeurs et tout ce qui fait que la Vie est la Vie

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Les trois poissons et les trois oiseaux -1-

Il était une fois, dans une rivière qui serpentait au fond des bois, trois poissons qui étaient bons amis. Le premier était orange, le second rose et le troisème vert.

Ils passaient toute la journée à jouer dans l'eau, entre les courants et les rochers, et à explorer le moindre recoin de la rivière.

De temps en temps passaient au dessus d'eux trois beaux oiseaux aux plumages colorés. Le premier était rouge comme le feu, le second jaune comme le soleil et le troisième bleu comme le ciel.

Les poissons s'arrêtaient alors de jouer, et les regardait passer, un peu fascinés.

Un jour, alors que le poisson orange se cherchait à manger sous un rocher, non loin du bord, il vit l'oiseau rouge quitter ses congénères et se poser sur le dessus d'un rocher, tout près de lui.

Un peu timide, le poisson hésita à se montrer, mais sa curiosité fut la plus forte. Il se montra alors et dit à l'oiseau :

- Bel oiseau, j'aime tant te regarder voler. Resteras tu quelque peu avec moi ?

Surpris mais touché, le jeune oiseau lui répondit :

- Beau poisson, tu n'as rien a m'envier, car tes écailles reflètent le soleil.

Tout heureux, le poisson orange se mit à faire des bonds hors de l'eau. Se prenant au jeu, l'oiseau rouge le suivi, et ils partirent, riant et jouant, le long de la rivière.

Et quand vint le soir, ils se rapprochèrent, et la rivière fut seule témoins de ce qu'ils se dirent.

Mais ce que l'on sait, c'est que désormais, chaque fois que les trois oiseaux passaient au dessus des trois poissons, le poisson orange et l'oiseau rouge reprenaient leur danse, plus inséparables chaque jour.

Et le poisson orange disait à l'oiseau :

- Tu es si beau, oiseau. J'aime la rivière, et je ne peux comprendre que tu vives dans le ciel. Mais tu es si beau quand tu vole que cela m'empli de joie !

Et l'oiseau rouge répondait au poisson :

- Tu es si vif, poisson. J'aime le vent qui me porte, et je ne pourrais vivre là où tu es. Mais quand tu te faufile parmis les rochers, tu es comme un éclat de lumière et cela m'inonde de beauté.

Et les jours succèderent aux jours, et dans la rivière, on ne parlait plus que du poisson et de l'oiseau. Et les poissons verts et roses étaient tout content pour leur ami qui semblait si heureux. Et quand l'oiseau rouge quittait ses congénères, ceux-ci le regardait descendre vers la rivère en souriant.

Et d'autres jours succédèrent aux jours.

Et le poisson dit à l'oiseau :

- Voudrais tu que je vienne vivre avec toi dans le ciel ? Il est des poissons qui volent, et sans doute que je pourrais apprendre.

Mais l'oiseau répondit :

- Non, mon bel ami, tu es bien mieux dans la rivère qu'ici. Voudrais tu que je t'y rejoignent ? Il est bien des oiseaux qui plongent, et je peux surement apprendre à le faire !

Mais ce fut au tour du poisson de répondre :

- Non, mon frère ailé, tu es bien mieux dans tes cieux.

Et sans rien dire, ils reprirent leur danse. Mais ils sentaient tous les deux comme une drôle de boule dans leurs coeurs.

Et un jour, le poisson dit à l'oiseau :

- Oiseau, je t'aime plus que tout ici. Mais combien de temps pourras tu rester ici, juste au bord de la rivière, alors que tout le ciel t'appelles ?

- Et toi, poisson, qui illumine mes journées, combien de temps voudra tu rester près des roches et de la surface, alors que les tréfonds de la rivière sont à toi ?

Ils se regardèrent longtemps, car ils étaient tristes, et ils savaient qu'ils allaient l'être longtemps.

Et ce fut le poisson qui dit :

- Pars, oiseau. Je t'aime trop là où tu es, et tu m'aimes trop là où je suis. Et si nos chemins peuvent se croiser, ils ne peuvent être les mêmes. Va trouver dans ce grand ciel l'oiseau qui te comblera. Tu peux être heureux dans ton ciel... Mais pas avec moi.

Et ce soir là, la rivière se remplit des larmes du poisson orange et de l'oiseau rouge.

Et désormais, quand passaient les oiseaux, le poisson organge ne levait plus la tête.

Et l'oiseau rouge regardait vers la forêt.

Et ce fut la fin de leurs chants.

Aléas.


Ecrit par Aleas, le Jeudi 2 Novembre 2006, 22:11 dans la rubrique "Blanc".

Commentaires

Mademoiselle-Ombre

07-11-06 à 17:24

Une autre parabole ? ;-)
J'aime bien ce joli conte mélancolique... qui n'est pas sans me rappeler une chanson de l'auguste Georges...
*sourires*


Re:

Aleas

07-11-06 à 18:40

Une autre parabole, oui...

Je voulais écrire sur mon couple, et c'est cela qui est sorti.

C'est toujours un plaisir de te voir ici, n'hésite jamais à passer dire bonjour !

Aléas.


Re: Re:

Mademoiselle-Ombre

07-11-06 à 21:42

C'est toujours un plaisir de passer par ici, également. *sourires*
Et pourquoi se priver d'un plaisir passager (= quand je suis de passage) ;-) ?

Bonjour donc, ou plutôt, bon soir !


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