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Humeurs

Heurts, Humeurs et tout ce qui fait que la Vie est la Vie

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Mardi (29/04/08)

Je ne suis pas de ceux

Etrange débat répété ces jours-ci.

Les interlocuteurs changent, pas les arguments ni les positions.

Fonds (front ?) commun chez eux, explicable en partie par le simple fait que j'ai décidé d'en faire mes interlocuteurs, évidemment.

Néanmoins.

Néanmoins, cette proximité dont ils font preuve (sans le savoir) me trouble.

Parce qu'évidemment, je me retrouve seul d'un côté de la rive.

Et que ceux-là, pour être de l'autre côté, sont pourtant sinon mes amis du moins mes compagnons d'épopée, des bons et des mauvais jours, ceux et celles avec qui, chaque jour aidant, je taille la route.

Alors voilà....

Une fois de plus, nous partageons un bilan. Celui du plaisir d'être ensemble, des nombreux progrès effectués (jusqu'à, en certains moment, me dire que je pourrais simplement partir en laissant un panneau : "Mission accomplie"), des défis qui nous attendent encore demain et avec eux les innombrables opportunités d'apprentissage.

Une fois de plus, nous partageons une lucidité : tout cela ne nous permettra sans doute pas de changer les choses, et un grand nombre de nos efforts, utiles pour nous, seront fondamentalement vain eu égard au dernier maillon de la chaîne.

Et c'est à ce moment que se forme le précipice, simple fissure s'écarant si vite...

Seul, je ne suis pas prêt à m'y résoudre. Naïf, idéaliste ou simplement optimiste, je refuse ce qui est pourtant l'inéluctable.

Sorti de mes rêves de victoire inéluctable, je sens mon regard se porter sur la possiblité d'autres espaces où une victoire serait possible, si improbable.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 21:45 dans la rubrique "Blanc".

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Réalité 2

Etrange impression.

Quelqu'un vient me parler d'un livre, lu voici quelques mois déjà, mais dont le souvenir est encore vivace à mon esprit.

Et l'histoire qu'il me narre est pour le moins différente de celle de mes souvenirs.

Incapable de le rouvrir à la page exacte, je m'interroge : quelle est la réalité ? Celle d'aujourd'hui (pourquoi douter de la bonne foi de mon interlocuteur ?) ? Ou celle d'hier encore ?

Puisque ni lui ni moi n'avons pu confondre, que s'est il donc passé ? Est-ce qu'une période peut avoir eu lieu deux fois, non en série mais en parralèle, miroir raconté du chat de Schrodinger ?

Car personne ne confond ce livre là avec aucun autre.
Car on ne peut pas revenir en arrière une fois la page tournée.

Parce que ce livre, c'est la vie.

Parce que ce livre, c'est ma vie.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 21:13 dans la rubrique "Blanc".

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Une sensation de bien être, Toru Okada et une paire de basket blanches

Hier, dans la rue.

Je regarde, et pas pour la première fois, les baskets avec lesquelles je foule l'asphalte de mon pas rapide.

Et les mots de Toru Okada2 me reviennent un instant, décrivant son look de tous les jours ("Sweatshirt, jeans & baskets") avec lequel il sort de chez lui. Et même les remarques d'hier ("Les baskets blanches, c'est rédhibitoire1") n'y peuvent rien. Cette non-tenue, dans toute sa décontraction, fait plus que de prouver mon état d'esprit : elle en fait partie intégrante.

La sérénité dans les baskets ?

Pourquoi pas ?

Aléas

1Littéralement : impropre à un usage normal. Et la remarque ne visait pas que les baskets. Mais c'est une autre histoire.
2In Haruki Murakami, "Chronique de l'oiseau à ressort". Et je met mes notes bas de page dans l'ordre que je veux.

Ecrit par Aleas, à 21:05 dans la rubrique "Blanc".

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Dimanche (22/04/07)

This is goodbye

C'est arrivé comme un détail.

Comme un "tiens, j'ai oublié de te dire".

Une décision d'A.

Sans surprise...

Au contraire.

C'est elle.

Ou plutôt, c'est elle aussi

Pour moi, elle a toujours été double.

Même si peu ont vu ses deux visages.

Mais cet engagement (c'est le mot) marque le dernier lieu où nos chemins pouvaient encore s'entrecroiser.

Je la garde à mes côtés.

Mais nos chemins sont désormais différents.

Ce qui devrait me libérer de mes dernières entraves.

Aléas.


Ecrit par Aleas, à 19:54 dans la rubrique "Blanc".

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Mercredi (11/04/07)

Yeux Clairs


Je le sais.

Je connais la seule démarche raisonnable dans ce genre de situation. Coincé par des enjeux dont les participants à tout le moins me dépassent, je dois renoncer à mon premier ressort face à l'adversité.

"Nous marquerons les soleils noirs
Des foudres de nos étendards"


Me battre. Parce que, et c'est certifié, je n'ai de talent ni pour la passivité ni pour la manipulation.

Je le sais.

Je percois mieux que je ne veux bien le montrer le champs étroit des possibilité. Je sais que, dans ce monde flou et très éloigné de celui que j'ai appelé des mes voeux, il est sans doute un chemin possible.

Un chemin plein de hors pistes, de déguisements, de fourvoiements.

Un chemin sous le voile, dans l'ombre, dans le dédoublement.

Un chemin où les paroles prennent une route et les pieds une autre.

"Nous sommes les hommes des mondes à venir.
Les mains tendues de délire
D'un univers qui nous admire
Acclame et proclame une guerre à tenir"


Je connais ce chemin. Je connais ce language. Si je ne le pratique que rarement, ce n'est pas par incompétence.

L'affrontement direct est vain.

La victoire, probable, se fera dans le silence assourdissant d'un siège sans fin.

Je l'ai dit, je suis capable de jouer. De gagner, même.

Je le sais.

"Des yeux clairs où l'on peut lire
L'empreinte fière qui nous inspire,
Nous sommes les hommes des mondes à venir."


La victoire est probable.

Mais elle se fera sans moi.

Je me connais trop bien. Si je ne peux pas gagner par les moyens qui sont miens. S'il me faut jouer un jeu dont je connais les règles aussi bien que je les rejette.

Je préfère encore ne pas jouer.

Aléas, W. Sheller

Ecrit par Aleas, à 19:38 dans la rubrique "Blanc".

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Mercredi (31/01/07)

Intrus

J'attend I. et A., assis sur le parvis, iPod dans les oreilles et livre en mains.

Quand cette dernière arrive, elle me demande ce que je lis. Comprenant soudain l'ironie, je lève les mains pour lui faciliter la lecture : "The Cathedral and the Bazaar", Eric S. Raymond.

Et quand on rentre, I. me fait :

- Eteint ton GSM.

Sourire en coin de ma part :

- Tu sais, je suis athée. Pas débile.

Et l'on s'assied tandis que commencent les chants de cette veillée.

Et A. arrive, encore surprise de me voir là.

- J'étais certaine que tu ne viendrais pas.
- Femme de peu de Foi. Ne me sous-estime pas.

Et un interlocuteur imaginaire m'interroge :

- Qu'est ce que tu fais ici ? Tu n'es pas athée ?
- Si. Mais je sais reconnaitre la beauté là où elle se trouve.

Et les chants s'enchainent, et je chante quand je peux, à voix basse.

Et le seul bémol vient d'une intervention du cardinal. Mais j'en profite pour glisser en souriant à I. :

- L'Eglise est plus belle quand elle chante que quand elle parle.

Et la veillée dure, mais le temps n'est pas long, et le froid relatif s'est fait moins vif.

I. me glisse un moment :

- Si tu en as marre, on s'en va, hein.
- Je suis un grand garcon, tu sais. Si j'en ai marre, je me lève et je m'en vais.

Et nous restons, donc.

Et j'observe, toujours admiratif, toutes ces volontés tendues. Ensembles.

Et pour rire, je me demande si je suis le seul "intrus".

Et si je n'en sors ni transporté ni retourné, ces deux heures de calme, de quiétude et de douceurs furent bien agréable.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 00:04 dans la rubrique "Blanc".

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Samedi (20/01/07)

C'est...

Je devrais, je suppose, écrire sur ce moment.

Mais si je ne le fais pas, ce n'est pas par manque d'envie ou par intimité.

Mais tout simplement parce que c'est trop grand, trop fort.

Et le moindre mot me semble réduire.

Alors je me tait.

Heureux dans mon coeur d'avoir été là pour ce qui pourrait être un des plus important jours pour l'un des êtres que je chéri...

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 13:50 dans la rubrique "Blanc".

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Mardi (16/01/07)

Ce que j'ai appris de O.

Qui m'a par ailleurs conféré l'auguste titre de "Meilleur ami virtuel" (mon vieux, quand on a pas ce que l'on aime, faut aimer ce que l'on a).

A échanger mots et mots avec elle, j'ai appris quelque chose...

Je ne serais jamais écrivain.

Quelque soit mon amour des mots, quelque soit ce talent que parfois on me prête quand il s'agit de les manier.

Et non seulement j'ai appris cela, mais je sais même pourquoi.

Secondairement, parce que je n'en ai pas la motivation : la perspective de longues heures solitaire devant mes pages m'ennuye plus qu'elle ne m'attire... Ce que j'aime dans le boulot, ce sont les gens...

Primairement... Parce que je n'en ai pas la capacité. J'ai lu O., la forme qu'elle met aux mots, rien que pour exprimer sa tristesse, sa colère ou son amour. C'est là, elle même n'y peut rien, dans ses moindres mots, elle écrit.

Alors, je vais la regarder s'envoler, et je vais tranquillement brûler mes ailes et mes illusions.

Et je lui suis redevable de ca, quelque part.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 21:11 dans la rubrique "Blanc".

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Vendredi (12/01/07)

Calme et prudence

Et ces jours enfin apaisés nous voient renouer une relation complice, mais amicale.

Et si, tout comme elle, je m'en félicite, je montre aussi une certaine prudence.

Je crains que, comme je l'ai fait jadis, A. sous estime nos capacités de séduction mutuelle.

Alors oui, je la veux dans ma vie, à une place restant encore à définir.

Mais dans une première période, il nous faudra juste être prudents.

Et cette période pourrait bien durer jusqu'a l'un ou les deux trouve chaussure à son pied.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 10:25 dans la rubrique "Blanc".

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Samedi (06/01/07)

Ouf...

Trop de courtes nuits.

Trop de questions.

Trop de bruit.

Et je vois la différence entre le silence et l'inactivité d'aujourd'hui, et ceux d'il y a à peine une semaine.

Hier encore, ils étaient lourds, pesants.

Aujourd'hui, ils sont calmes, apaisants.

Ce n'est bien sur pas une première nuit de sommeil qui va effacer une semaine d'insomnies physiques ou psychologiques.

Ce n'est bien sur pas une longue soirée de discussion avec A. qui va effacer tous mes doutes et mes craintes.

Mais mes jours rallongent.

Il était temps.

Aléas.

Ecrit par Aleas, à 12:26 dans la rubrique "Blanc".

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